Hier soir, comme tous les mardi, j'étais au théâtre. Et ce depuis pas mal d'années déjà. Après une folle ambiance, comme la journée que je venais de passer par ailleurs, me voilà dehors. Fin du cours. Et c'est la, étrangement, j'ai eu un pincement au c½ur.
Je les ai vu, tous ses petits jeunes - enfin tout est relatif -, avec leur parents rentrer chez eux. J'ai un sourire, en les regardant de loin. Un sourire de souvenirs, du temps où je racontais en détails ce que je faisais au théâtre à ma mère, et que, il n'est à n'en pas douter, qu'elle saisissait un mot sur deux. Puis doucement, j'ai laisser trainer mes pieds plus loin, pour me perdre dans mes pensées. Et j'ai réaliser. J'ai réaliser, que cette année, je n'allais pas pouvoir partager ce que j'aime le plus avec mes parents... Et qu'ils ne pourront surement pas voir l'aboutissement de mon travail dedans.
C'est vrai, on fait les choses pour soit, surtout ce genre de passion, sauf que voilà... Je pense que peu de gens peuvent comprendre l'effet que ça fait, de voir ses parents se lever dans la salle, tout sourire en train d'applaudir. Surtout quand ils sont les premiers et que tout le reste de la salle suit leurs mouvement. Non vraiment, vous ne pouvez pas comprendre.... J'ai dans le sens, la passion de la comédie, le désir de la tragédie, le mimétisme d'autrui, le besoin d'être autre et de faire de mon personnage, une personne à part entière, qu'au final, on n'a pas envie de quitter.
J'ai eu ce pincement la. Les yeux fermés, j'avançais sur la route, empruntée des milliers de fois. Doucement ma pensée s'égara, apercevant des sons, des odeurs, des couleurs. C'est fou, trop de personne ne savent pas apprécier leur quotidien. J'ai beau faire ce trajet depuis des années, j'ai l'impression qu'il change à chaque fois. Les mains dans les poches, le blouson ouvert, j'observe tout autour de moi. Des nuages roses, en trainée, glisse sur un ciel bientôt proche du bleu sombre, tandis que la forme majestueuse de la cathédrale s'immisce à mes yeux. C'est terriblement beau. C'est dommage qu'on n'y fasse si peu attention. L'odeur, forte du platane, que j'aime tellement, ne me quitte pas, et je la hume à plein nez, au point de m'en enivrer.
Et pendant tout ce temps, je réfléchis. Je pense à ce qu'il m'arrive et je me demande bien comment je vais faire. Ce qui est drôle, c'est que je fais partie du peu de jeunes, dont les parents sont partis. En général c'est l'inverse. Et croyez moi, c'est pas toujours aussi simple qu'on ne le pense. Je sifflote un air commun, les gens me regardent. Et moi je me demande. Je leur demande.
Comment fait on ? Que doit on faire ? Aucune réponse. Et elle ne viendra surement pas tout de suite. Je la trouverais, j'en suis sur. Mon sourire persiste cette fois si. Les choses changent vous savez, les gens aussi, mais surement pas comme vous le pensez. My happy ending. Et le commencement d'une autre.
D'une autre qui vous sera tellement familière. Être autre, c'est être soit, et par la force des choses, je saurais affronter ce qu'il m'arrive... Je n'ai pas le choix et je ne dois pas me laisser abattre. J'ai bien l'intention de me prouver que j'y arriverais, même si c'est dur.
J'aime ce que je fais, j'aime ceux qui m'entoure. J'aime. Les yeux fermés, je pense, encore, et dans cette ambiance qui sent fort le platane et le début de l'automne, j'avance. Aussi fièrement que possible. On n'existe pas si on avance pas. On existe pas si on ne vie pas.
A vous de voir, ce que vous voulez.